Le phénomène des Stalkers à Tchernobyl - Vera Assistante CQMI

Voici le témoignage de Vera notre assistante CQMI, qui avait accompagné Serge en été 2016 lors du voyage romantique. Cette fois-ci, Vera a accompagné un jeune homme québécois de 36 ans qui a reçu un succès incroyable à Kiev. Il aura été difficile pour lui de faire son choix parmi toutes les candidates CQMI, comme je l’explique dans le Bilan du voyage hivernal à Kiev. Vera est enseignante de français à Kiev et avec ses élèves, elle se passionne de l’histoire de la centrale Tchernobyl et plus précisément du phénomène des Stalker. Ces personnes, inspirés par le jeu vidéo du même nom décident de franchir la frontière de la zone interdite. Dans le texte ci-dessous, réalisé avec ses élèves ukrainiens, Vera présente des témoignages de personnes qui sont allés dans la zone au péril de leur vie. Dans un 2ème texte, toujours réalisé avec ses élèves, Vera nous parle de la ville fantôme de Pripiat, une épine dans le pied pour les autorités ukrainiennes. Fait intéressant à noter, Serge et Galina vont se marier en Ukraine cet été, à suivre !

Attention Stalker !

Il y a peu d'endroits sur Terre où naissent tant de légendes et de rumeurs que (dans) la zone contaminée de Tchernobyl. Les récits sur les monstres qui se reproduisent, les sorties courageuses des stalkers, les récits sur les produits radioactifs contenant un danger mortel, parmi toutes ces choses, y a-t-il une seule goutte de vérité ?

Nous avons décidé de comprendre ce qui se passe en réalité dans cet endroit légendaire, ainsi nous avons parlé avec des personnes qui ont visité cette zone clandestine, surtout maintenant que l’État Ukrainien a interdit les visites touristiques officielles (du fait de la dangerosité de la zone).

Beaucoup de gens cherchent une possibilité de visiter cette zone en cachette, surtout les jeunes qui veulent se procurer des poussées d’adrénaline, ils font donc l'impossible pour visiter cet endroit interdit. Les grandes étendues coupées, fermées du territoire sont enclavées depuis 25 ans, isolées de toute activité humaine, de l’omniprésence de l'homme. Ce territoire s'est peu à peu transformé en un monde unique, les zones enclavées de Tchernobyl forment un des complexes les plus intéressants d'Ukraine, et deviennent un lieu attirant, fascinant. L'intérêt social pour ce site, pour ce territoire exclu augmente également grâce à l'apparition de jeux vidéo où la ligne du sujet est bien visualisée, où les concepteurs ont lié harmonieusement le monde réel de la zone au monde imaginaire du jeu. De plus, ce qui augmente l’intérêt pour la zone exclue, c'est la série de livres intitulée « Stalker », éditée par la maison d'éditions EKSMO.

Ce qui « attise » l'intérêt des gens ordinaires, c'est l'abaissement du contrôle de la surveillance des entrées et sorties dans la zone et puis bien sûr le désir, le souhait de chaque jeune de se sentir un « vrai mec », d'être un vrai homme, un vrai stalker, de courir vraiment dans la zone et pas seulement de rester passif devant son ordinateur !

C’était donc intéressant pour nous de contacter des gens qui sont entrés dans la zone sans être vus. Il nous faut préciser que seulement quelques personnes ont accepté de parler à visage découvert.

Le mot « stalker » a été inventé par des écrivains soviétiques, les frères Strougatski, dans leur livre « Pique-nique au bord du chemin ». Dans ce livre, il était question d'une profession criminelle.

Les visites dans la zone portaient un caractère plutôt pragmatique. Le but était de prendre, de voler quelque chose (un artefact, un objet artificiel archéologique) et de le vendre ensuite.

Plus tard, la figure du stalker a été popularisée et a reçu une nouvelle continuité grâce au film du même nom d'Ândreï Tarkovski. Le cinéaste nous donne une toute autre interprétation de cette notion, car, ici, le stalker est déjà l'homme de la zone. Il la connaît, la comprend, il a rendez-vous avec elle.

La société du dernier siècle a commencé à créer, à se construire sa propre mythologie de l'ère post-industrielle et la figure du guide dans la conscience des masses commence à s'appeler « Stalker ».

Il faut remarquer qu'il y a de grandes différences entre les gens qui pénètrent dans la zone contaminée, exclue

A/ Les premiers sont les joueurs maniaques de jeux vidéo, qui sont très curieux de s'aventurer dans la zone, de la rencontrer réellement

B/ Les deuxièmes seront appelés, surnommés « ceux qui sont guidés par une idée ».

A/ Ce sont les jeunes gens qui ont des connaissances de base sur la zone contaminée et qui ont reçu leurs savoirs grâce aux jeux vidéo et à internet. C'est la manie du jeu, le divin, l'obsession d'aggraver, d'amplifier la perception sentimentale, sensible, émotionnelle du sujet du thème, cela devient la cause de la pénétration dans la zone exclue.

En général, l'âge moyen de cette catégorie est entre 20 et 23 ans. Dans la plupart des cas, ces gens ne font que pénétrer dans la zone, ensuite, ils calment leurs ambitions.

Les maniaques de jeux, souvent, ne franchissent même pas la frontière de la zone exclue. Pour eux, cela suffit de voir les constructions abandonnées de la zone d'exclusion, car ces constructions ont déjà l'air assez apocalyptiques.

B/ La 2ème caste est constituée de ceux qui, sous l'influence d'une idée, pénètrent dans la zone de trente kilomètres de périmètre et restent là-bas quelques jours, et parfois jusqu'à une semaine.

L'entrée dans la zone exige de l'expérience et l'habitude de faire des randonnées en solitaire et demande une certaine préparation, rester quelques jours dans un régime tout à fait autonome est extrêmement difficile. De plus, le temps passé dans la zone contaminée leur donne un statut de hors-la-loi, d'être en infraction avec l'ordre et le système.

Ce qui doit bien entendu susciter certains inconforts, certains problèmes moraux.

En franchissant la limite, quel est leur but ? Qu'est-ce qui les attire ?

La réponse la plus complète et la plus intéressante nous a été fournie par un stalker, « il est difficile de trouver les mots pour décrire les sentiments qui me remplissent pendant ma visite de la zone. Et, j’ai même parfois commencé à penser que cela, c’est le diagnostic. La zone est un endroit unique sur notre planète, un immense territoire dont tous les habitants sont partis. Visiter ces villes et villages est très intéressant, mais, d’un autre côté, tout ce qui l’entoure est tellement vide, funeste, qu’on ressent un sentiment de peur, de frayeur.

Mais l’essentiel, c’est que là-bas, je me sens vivant et c’est la cause principale de la popularité de la zone. »

Il faut mentionner un troisième groupe de gens qui visitent cette zone exclue, ceux pour qui la pénétration dans Sa zone est une affaire ordinaire dans leur vie quotidienne. Il s'agit de la population des villages qui se trouvent non loin de la zone fermée.

Assez souvent, les gens utilisent les sites, les lieux abandonnés comme source de matériaux de construction gratuits, de métaux et d’autres choses qui peuvent rapporter quelques revenus. C’est la manne locale...suite avec l'article de paris match,..)

Revenons au stalker. Chaque catégorie a un objectif différent de pénétrer dans la zone et à partir de cela, leurs équipements sont différents.

Les « fous » de jeux vidéo utilisent dans la plupart des cas des vêtements pour la randonnée dans la forêt, parfois tout simplement des vêtements de sport. Ils n’utilisent pas les appareils dosimétriques.

Par contre, presque tous les stalkers qui sont guidés par une idée, qui ont un but, savent très bien où ils vont, ils sont très bien préparés et possèdent et maîtrisent toutes les techniques et les règles sur la sécurité radiologique.

Ces stalkers ne laissent aucune poubelle derrière eux (boîte de conserves, papiers, ils prennent tout avec eux). S’ils pénètrent dans la zone en groupe ; ils utilisent des talkies-walkies.

Voilà ce qu’on trouve à l’intérieur de leur pharmacie de secours:

-de la bande élastique -des bandes stériles -de l’eau oxygénée -de l’iode

-des anesthésiques

Les stalkers ne parlent pas volontiers des endroits de pénétration dans la zone, ils donnent l’impression que chacun de leur itinéraire est, de telle ou telle manière, unique.

Ils cachent et gardent secrètement les « trous » car la popularisation de la pénétration dans la zone augmente rapidement. Mais par contre, pour ceux qui connaissent la zone, leurs itinéraires et les endroits de pénétration, c’est facile de les définir, parce qu'on trouve sur internet beaucoup de photos des lieux de passage, des « portes » de pénétration dans la zone.

Après avoir fait les analyses de tous ces matériaux, on peut conclure que la visite secrète de la zone est dangereuse non seulement à cause du risque de recevoir une forte dose de radiation, mais aussi parce que de grands prédateurs (ours, loups, lynx,...) peuplent désormais territoire fermé depuis vingt-cinq ans. Personne n’est sûr de ne jamais les rencontrer. De plus, ces gros animaux portent souvent des maladies dangereuses, comme la rage. Il y a également beaucoup de nids de frelons dont la piqûre peut être fatale.

La décision de pénétrer dans la zone à travers les « passages » appelés, surnommés « trous » ne résout pas le problème. Assez souvent, la zone est contrôlée par les « organes (police, milice) et les groupes d'intervention rapide Si l'on aperçoit le stalker, on commence à lui faire la chasse et dans le cas où il est « capturé », il sera jugé devant un tribunal et condamné. De plus, dans la zone, il y a beaucoup de bandits, de hors-la-loi si bien que la rencontre avec les animaux sauvages peut être souvent moins dangereuse qu'avec les êtres humains. Tous les scénarios sont possibles, on peut vous amener à la milice, prendre tout ce que vous avez avec vous, et aussi vous priver de votre santé, voire de votre vie. La dernière variante est malheureusement fréquente, ce n’est pas une chose rare dans cette région, et il ne faut pas oublier que le territoire lui-même, sans compter le facteur de radioactivité, a beaucoup de dangers.

Le plus typique, ce sont les différentes cavités (les puits, les caves, les fosses septiques,...). En 25 ans, tout a été recouvert par la verdure et c’est difficile de percevoir ces trous immédiatement.

Les pièges, les collets, et les fosses sont toujours un problème, ils ont été installés par les samosioly (les gens qui sont revenus dans la zone, ceux qui se sont installés d'eux-mêmes en ukrainien), les braconniers et les squatteurs. Si vous avez besoin d’aide médicale, il faut la demander à la centrale elle-même, qui est relativement éloignée. Tous ces facteurs sont connus par les stalkers, mais malgré tout cela, la zone les attire. Ils appellent cela le « diagnostic ». Dans le monde entier, ces endroits ont toujours existé, existent et existeront toujours, ils sont tellement insolites que les hommes eux-mêmes ne peuvent expliquer leur nature.

Il y aura ceux qui les glorifieront et en feront les louanges, ceux qui en auront peur, ceux qui essayeront de les détruire, de les éliminer, et ceux enfin qui accepteront cette réalité et commenceront à s’adapter à ces nouvelles conditions de vie.

On appelle ces endroits des zones atypiques, anormales, et les gens de la dernière catégorie des stalkers. Comme nous a dit un des visiteurs de la zone, « un stalker est quelqu’un qui va dans la zone sans attacher d’attention, ni d'importance à ses étrangetés et ses dangers propres. Le stalker y va même quand il n’a pas de but privé ou personnel, il y va à l’appel de la zone, il y va car il ne peut pas ne pas y aller. » (à vérifier !)

Il est poussé par le désir de franchir, de dépasser la maladie de la radiophobie qui se déchaîne à l’intérieur de nous et de nos âmes, et de toucher à la tragédie non seulement d’une ville ou d’un pays, mais de toute l’humanité. C’est à chacun de construire son propre jugement, mais tant que la zone existera, il y aura toujours des stalkers qui désireront découvrir ses secrets.

Histoire de la ville fantôme de Pripiat

Le 13 février 2013 une partie des murs et du toit qui recouvrent la centrale sinistrée de Tchernobyl s’est effondrée, il s’agit d’une partie du sarcophage du 4ième bloc de la centrale. La surface endommagée est d'environ 600 mètres carrés.

À nos yeux, c’est tout à fait logique. L’effondrement du mur, situé sur un territoire contrôlé où des gens travaillaient, était prévisible. Que peut-on dire alors de la ville, en détérioration depuis 26 ans et qui, elle, n’était sous aucune supervision ?

La zone de Tchernobyl est devenue le symbole de l’Ukraine alors que Pripiat est devenu l’exemple éternel de l’orgueil de l’Homme/l’impétuosité humaine.

Bon nombre de personnes viennent des quatre coins du monde pour visiter les bâtiments typiquement soviétiques avec un sentiment ému comme lorsqu’on visite des vestiges archéologiques péruviens. Mais si ses monolithes se conservent avec le temps, le béton et les briques n’ont pas cette capacité de résistance. Sans présence humaine/ abandonnés des hommes, les bâtiments de Pripiat se détériorent. La ville délaissée est soit condamnée à une mort lente, soit à une mon rapide du fait de l'intervention humaine.

Au moment de l’explosion du 4ième réacteur, il y avait à Pripiat 160 HLM, 26 foyers, 15 écoles maternelles. 5 écoles ainsi que beaucoup d’autres immeubles. Après l’évacuation de Pripiat, on a installé 4 millions de kilomètres de barbelés autour de la ville.

Pripiat n’est pas morte tout de suite. Après l’évacuation de la population, les services d'entretien communaux sont restés et les laboratoires expérimentaux ont continué de fonctionner. Peu de gens savent qu’à Pripiat, jusqu’à aujourd’hui, fonctionnent encore un atelier de décontamination des habits de travail et des garages pour les véhicules transportant Ses déchets nucléaires. En gros, sur le territoire contaminé, travaillent jusqu’à 70 personnes par roulement.

Tout d’abord simple lieu de résidence Pripiat s’est transformée en un lieu de travail et ce changement de statut a modifié la relation qu’avalent les habitants à cette ville. Aujourd’hui la ville est définitivement vide de toute présence humaine. Les bâtiments et les constructions, déjà entrées dans un processus de dégradation inéluctable, la ville est perdue à jamais. Les bâtiments de briques s’écroulent et dans les H.L.M en béton, les pluies traversent toutes les chapes, du toit au rez-de-chaussée. Cela signifie que bientôt ces constructions en piteux état ne pourront plus soutenir la charge colossale de ces bâtiments à plusieurs étages.

L’aile de l’école numéro 1 a été le premier bâtiment à subir une destruction naturelle. D’abord des trous sont apparus dans la toiture. L’humidité du toit a envahi peu à peu le 4ième étage de l’école. Puis à cause de l’humidité constante et des changements de température, la peinture et le plâtre ont commencé à tomber. Les briques se sont fissurées. Les infiltrations ont atteint le mur porteur qui alors ne pouvait plus supporter la charge des poutres métalliques, soutenant la chape de béton à chaque étage. Les quatre étages se sont alors effondrés.

Quels facteurs ont amené à la destruction de la ville ?

  1. L’Homme. Malheureusement la plupart des destructions sont sur sa conscience.
  2. L’eau et les changements de température. À cause de la pénétration et parfois la stagnation de l’eau, la corrosion et l’érosion se répandent. Le ruissellement des eaux érode les fondations. L’eau qui gèle dans les pentes démolit sans résistance le béton et les briques. Ce sera le facteur le plus rapide de destruction totale de cette ville, à moins que l’homme ne le fasse avant.
  3. Les organismes vivants. Cela va des microbes, en passant par les arbres jusqu’aux animaux.

Dès le moindre amoncellement de poussière, de sable ou d’eau venus de tous côtés, tout de suite apparaissent des spores et des graines de plantes diverses. Il est difficile de lutter contre cette action. Comme chacun le sait, même les verres optiques et les assemblages d’acier subissent l’effet de la bio-corrosion. Et comme il est impressionnant de voir un arbre détruire un bâtiment simplement à l’aide de ses racines !

  1. La qualité des matériaux de construction d’origine.

Ce n’est pas par hasard que nous avons mentionné ce point en dernier. On a construit cette ville avec le souci de la qualité. La plupart des bâtiments étaient faits en brique blanche, un matériel de haute qualité. Tout le monde connaît la Grande Roue qui n’a pas eu le temps de procurer de Sa joie aux gens car son inauguration était prévue pour le 1er mai 1986. Mais ce qui est intéressant, c’est que la couleur jaune du plastique des cabines, au fil des deux décennies, n’a pas perdu de sa vivacité. Comme les murs des HLM qui, malgré la pluie et la neige, ont gardé leur blancheur. La plupart des bâtiments, à première vue, ne semblent pas délabrés.

Il existe encore un facteur qui alimente la destruction de Pripiat, ce sont les maraudeurs. Après l’évacuation de la ville, il y a eu des tentatives de pillage mais un détachement spécial avait été prévu pour surveiller cette zone. L’enceinte de la ville était gardée telle une frontière avec un dispositif de détection de toute pénétration sur ce territoire. Mais avec la chute de l’URSS, on a baissé le contrôle et la détection a disparu. Les maraudeurs pillaient tout ce qui pouvait leur procurer un revenu, des équipements électriques aux métaux non ferreux. Les radiateurs de chauffage central ont été découpés, jetés par les fenêtres. Les planchers et les portes ont été démontés pour leur bois. Tout ce qu’on pouvait abattre a été abattu.

Tout ceci est lié à l’absence dans le code pénal d’article concernant le maraudage. Cet article est apparu bien plus tard.

Encore un problème : les déchets. On dit que la ville de Pripiat est absolument dépourvue de toute présence humaine. On compte cependant plusieurs excursions, les travailleurs de la station qui travaillent par rotation, les habitants locaux. Les poubelles sont toujours là où il y a de l’activité humaine, mais dans des conditions normales il existe toujours des services communaux responsables de la propreté de la ville. A Pripiat, ce n’est pas tout à fait pareil, même si vous êtes une personne civilisée et que vous avez emporté avec vous tous vos déchets au point de contrôle en sortant de la zone, vous aurez des problèmes. Il est interdit de ramener quoi que ce soit de la zone et les détritus doivent être abandonnés sur le territoire, à l’intérieur de la ville.

De plus il y a les gens qui, débarquant à Pripiat, n’ont pas la notion de leur destination. Pour eux, Pripiat est comme une porcherie : un lieu où l’on peut dessiner, casser abattre, piller. Combien de sauvagerie y-a-t-il dans les gens, en comparaison avec la forêt qui attaque la ville avec sa seule force naturelle, sans dévaster tout sur son chemin. Aujourd’hui on considère Pripiat comme un lieu de distraction, l’endroit où l’on peut être époustouflé, comme une marque. Tout ça n’a rien à voir avec le fait de se soucier de cette ville. Récemment le pouvoir ukrainien, représenté par Dimitri Bobro, a annoncé l’idée de mettre à plat Pripiat. C’est soi-disant nécessaire, du fait de l’insalubrité des bâtiments et de la menace qui pèse sur la vie des gens. La démolition des bâtiments est pour les fonctionnaires locaux la seule possibilité et le seul moyen de protéger la vie de ceux qui pénètrent illégalement sur le territoire de Tchernobyl. Dimitri Barbo constate que si un seul bâtiment s’écroule, il n’y aura aucun dommage, mais avec l’effet domino une poussière radioactive poussée par les vents pourrait atteindre la zone de la station atomique.

Combien de moyens sont nécessaires pour enterrer Pripiat, pour l’instant personne ne le sait. On trouve que le choix le plus intéressant est le démontage des bâtiments qui serait effectué par une technique et des ouvriers spécialisés, tous protégés. Une question cependant subsiste : que faire des bâtiments démolis ? La technologie n’est pas adaptée.

La deuxième position, c’est de la faire sauter, mais les écologistes protestent. Leurs arguments sont la poussière radioactive, son élévation dans les airs polluera en plus non seulement la zone des 30 kilomètres mais pourra la dépasser.

Il existe encore une alternative, c’est la construction d’un mémorial, mais dans ce cas il ne s’agirait pas de toute la ville mais de la conservation de quelques bâtiments uniquement.

L’opinion la plus répandue serait de créer un tourisme éducatif parce que pour la plupart, y compris es étrangers, Tchernobyl est l’endroit le plus connu d’Ukraine. On montre la zone de Tchernobyl comme quelque chose de perdu à jamais. Voilà pourquoi on parle beaucoup de la nécessité d’un changement de paradigme. Il faut créer un parc naturel national dédié à la préservation de la Mémoire où viendront non seulement les touristes mais aussi les scientifiques, les étudiants, les écologistes, les historiens. Même l’enfouissement des déchets planifié dans la zone pourrait être l’objet de démonstrations pour que les gens se rendent compte de l’utilisation des technologies sécuritaires non dangereuses.

Nous ne croyons pas que la question de la sauvegarde de Pripiat ou de sa transformation en Mémorial puisse attirer des milliers de personnes. Même si tous pensent que Pripiat est un laboratoire à ciel ouvert, les villes sont comme les gens, vivants ou morts mais chacun a sa durée de vie. Pripiat jouait auparavant un rôle et désormais un autre : nous faire penser è la valeur de la vie et avec ça, sa détérioration naturelle n’a pas dévalué son rôle.

On s’attendait à la chute de ce mur dans la salle des machines, qui a d’ailleurs eu un immense écho dans les médias à travers le monde. Désormais, il faut avoir une attitude plus sévère par rapport à la visite de la ville. La disparition de la peur qui était auparavant provoquée par la radioactivité et le laxisme des autorités vis-à-vis des visites de la zone, mèneront obligatoirement vers une tragédie. Chaque visiteur entrant dans la ville morte doit avoir peur, mais non pas de la radioactivité mais de son comportement irréfléchi. Mieux vaut prévenir que guérir.

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